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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /2008 16:59

J’arrive à la gare de Nancy à 6h10, un gros « décompteur Â» au dessus de moi égrène le temps : il indique qu’il reste 150 jours et 22 minutes avant le premier tour de l’élection législative….

Quoi ?..? Plus que 150 jours ???? Quelle angoisse !!!

Mais non, nigaud le gros « décompteur Â» indique l’heure à laquelle arrive le premier TGV  le 10 juin et il reste encore 5 mois, …, Ha bon, je préfère ça !!!

 

Bon pour le moment, t’es pas TGV, mais TER, tu prends le Metrolor de 6h33 jusque Thionville, tu descends et tu prends le train suivant pour le Lux. Et t’enlèves ton ipod des oreilles, « Anthony and The Johnson Â», c’est pour plus tard, t’es venu écouter les usagers qui subissent des retards à répétition !!!

 

Coup d’œil à la télé des horaires, ça commence mal l’« Epinal Â» à déjà 10’ de retard.

 

Je vérifie les guichets automatiques, ils fonctionnent bien, si tu en prends un jaune, tu paies plus cher !!!

 

Je monte à temps dans le super beau TER2N, il y a de la place, mais je reste debout, je suis là pour parler aux usagers : « Bonjour, je suis Patrick Hatzig, Vice Président du Conseil Régional chargé des transports, je viens vous voir ce matin car j’ai entendu beaucoup de remarques sur le niveau de service ces derniers jours, enfin ces dernières semai….’fin ces derniers mois, je voulais dire…. Â», le débat est lancé. Mes interlocuteurs sont intarissables sur les exemples de retards, les heures, les chiffres, les destinations, mon stylo a du mal à tout noter ; mais une chose est sûre, le mécontentement des voyageurs est justifié, ce ne sont pas seulement 10’ de temps en temps, ce sont des 20’, 1 heure, 2 heures perdues dans une rame à l’issue d’une déjà longue journée ou dés le matin avant de retrouver son poste de travail.

 

Pour comprendre, il est nécessaire de se mettre à la place de son interlocuteur, ne pas rester sur ses propres perceptions, mais imaginer le scénario décrit par les témoignages que nous entendons. C’est si vrai, que les victimes des retards, ont, eux aussi, l’élégance de partir de ce qu’est ma première perception, et en gros, j’entends : « le Conseil Régional a fait de gros efforts, met de l’argent, augmente le nombre de trains, les dessertes, les cadencements, investit dans du superbe matériel, propose une tarification régionale avantageuse…ok, ok, ok, mais….Alors pourquoi, y a-t-il autant de difficultés ? Et franchement, on en a marre, on n’en peut plus, cela va exploser Â».

 

Je suis surpris par le nombre de nancéens qui vont travailler jusqu’au Lux chaque jour. Pourtant, le taux de colère est inversement proportionnel au nombre de kilomètres qui séparent les salariés frontaliers de leur lieu de travail. Ainsi, le point culminant de la colère est atteint à Thionville avec une ambiance proche de la révolte.

 

Je fais part des enseignements de cette expérience à mes collègues du Conseil Régional et au Président, ce dernier a déjà transmis début décembre au Directeur de la SNCF des remarques très précises, un courrier plus percutant est parti aujourd’hui, copie sera faite aux usagers. Il faut que la SNCF convienne que cela ne peut plus durer et qu’elle prenne des mesures : ce n’est pas un hasard, ni un manque d’expérience, ni un manque de chance c’est un manque de moyens humains et techniques !!! (2000 cheminots en moins en 6 ans).

Le Conseil Régional et les usagers paient pour que ça marche, la SNCF a plus qu’une obligation de moyens, elle a obligation de résultat, or les résultats ne sont pas là.

 

La SNCF doit réagir car la colère conduit des frontaliers à prendre d’assaut un TGV ou, fait des cheminots, des coupables par manque de conscience professionnelle, or, tout est une affaire de moyens, de volonté politique et économique.

 

On ne parle pas des centaines de trains qui arrivent à l’heure. De notre côté, on a fait savoir (chacun a pu se rendre compte) de l’énorme travail, des multiples améliorations que nous avons apportées qui se comptabilisent par l’augmentation importante du nombre de voyageurs. Notre résultat au service des lorrains ne peut pas être fragilisé par des économies à la SNCF ou sur une priorité au TGV. Mais surtout, des personnes sont en souffrance, et cela, nous ne pouvons pas le permettre.

Par Patrick Hatzig - Publié dans : Les petits "à côtés" du VP
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